Ma vie a pris un nouveau tournant. Un inévitable tournant. Je ne pouvais pas continuer de nier, contester, refuser obstinément la voie que me traçait la vie. Ma vie. Je ne pouvais plus être effrontément aveugle au bonheur. Je ne pouvais tout simplement plus vivre à demi. J'ai donc pris le parti d'être heureuse. Rien de moins.
Par trop rechercher l'approbation et le bonheur des autres, j'ai fini par m'oublier. Il me reste encore un long chemin à parcourir, je ne suis pas encore guérie de cet impérieux besoin de plaire à tous, d'être absolument parfaite aux yeux de tous, d'être plus forte que je ne le suis réellement. Ces dernières semaines, nombreux sont ceux et celles qui ont douté. Beaucoup n'ont pas cru en mes capacités, ou ont pensé que je m'étais carrément trompée de voie, éblouie par un mirage fugace, poussée à l'extrême dans un moment d'égarement. Si seulement j'arrivais à faire abstraction de tout ce qui m'empêche présentement d'éprouver pleinement toute l'ivresse de vivre, trop longtemps scellée en moi et qui pourtant ne demande qu'à éclater joyeusement, sans contrainte, sans cette malsaine phobie de blesser autrui. C'est pourquoi j'ai entrepris une thérapie qui me permettra - je l'espère - de mieux m'affirmer face aux autres, de moins culpabiliser lorsque mes décisions ne font pas l'unanimité, d'agir sans toujours avoir cette crainte d'être jugée, de paraître imparfaite, cette peur de toujours faillir aux yeux des autres.
Alors voilà, j'ai changé.
Changé de demeure. Changé l'homme de ma vie. Changé ma vision d'avenir. Changé la perception que j'ai de moi-même. Ce n'est qu'un début.
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Sur une note plus légère, tout changement drastique s'accompagne NÉCESSAIREMENT d'un remaniement capillaire (si, si).
Jeudi dernier, afin de célébrer en grandes pompes ma demi-fête (*) - le 15 août dernier - j'ai opté pour une nouvelle tignasse violacée avec mèches noires. (Ce qui, avec mon teint fantômatique et mes cernes à peu près aussi immenses que le lac Memphrémagog, me rapproche étrangement de la célèbre Morticia Addams.)

Le lendemain, à la garderie, un enfant s'est exclamé: «Tu as changé de cheveux!! As-tu changé de nom aussi?» Adorable!:-D
(*) Bah, oui, c'est mon côté puéril. On s'y attendrait d'une fillette qui clâme fièrement qu'elle a 5 ans et demi, et non pas d'une adulte mortifiée à l'approche de la trentaine (2 ans et demi de sursis... ouhhh)...