Je ne m'attendais pas à de grands revirements. Du coup, j'ai regardé bien distraitement l'entrevue.
Hier à TLMEP, on a bouclé la boucle des chefs, avec au menu une tisane et un Jean Charest décontracté comme un col bleu de la ville en plein quart de travail.
On doit rendre à Jean César ce qui appartient à Jules Charest. (Ahem. Non, je dois confondre.) En entrevue, l'actuel premier ministre s'en sort toujours assez bien. Il semble dans son élément et ce, peu importe le type d'émission auquel il participe ou le style de discours qu'il tient. 
Et ça m’énerve.
Comme être humain, je l'accorde, l'homme m'apparaît plutôt sympathique. J'imagine que je pourrais très bien survivre à Jean Charest voisin, Jean Charest mononcle ou Jean Charest lointain collègue de travail. (Kosséssa, calvaire? Je dois ramollir du cerveau. Je m'indigne moi-même! Ha ha!) Cependant, l'homme politique m'indiffère. Il devrait animer un talk-show plutôt que de prendre à nouveau les rênes de la province. Même dans l'erreur, il paraît bien. (Pas physiquement, on s'entend.)
Autre point qui m'a un peu irrité hier soir: le traitement de faveur accordé à Charest. On l'a littéralement caressé dans le sens du poil. Pas de questions-pièges, pas de sous-entendus mesquins, pas de ressentiment à peine masqué. Rien. Tout a été habilement tartiné d'humour mielleux. Pourtant, à l'instar des deux autres principaux chefs de parti, Charest ne fait pas l'unanimité. À ce moment-ci de la campagne, chacun s'en tire avec un maigre 30% dans les sondages. Alors, pourquoi lui??
Dumont n'a pas du tout eu droit à cette complaisance bonbon, tandis que Boisclair s'en est à peu près tiré sans anicroche majeure. Est-ce qu'une force divine a exigé de nos deux larrons qu'ils fassent preuve d'une amicale souplesse envers le premier ministre? Pourtant, plusieurs décisions du parti qu'il représente sont plus que questionnables.
Il est grand temps que la campagne s'achève. La nuit dernière, j'ai encore rêvé au soir des élections. Charest et Boisclair étaient à peu près ex aequo, alors que Dumont traînait de la patte, loin derrière.
Des deux maux, le moindre: entre un deuxième mandat des Libéraux et l'Action "démagogique" du Québec (dixit Guill), je choisis mononcle Charest, malgré sa vision fédéraliste à la noix.
Ceci dit, mononcle Charest ne pourra tout de même pas compter sur mon vote...
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