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lundi, avril 16, 2007

Cultivons Harper

J'applaudis l'initiative de l'écrivain Yann Martel. Que dis-je, je le standing ovationne (entre guillemets, bien entendu)!

Toute à l'heure, au Téléjournal de Radio-Canada, j'apprenais que l'auteur du roman Histoire de Pi a trouvé l'attitude d'Harper passablement irritante lors d'une récente cérémonie soulignant le 50e anniversaire du Conseil des arts du Canada. Le Premier ministre n'a paru guère intéressé par la trop courte allocution de Bev Oda (ministre de la culture, mon oeil! ma rétine, même!!), ni par la cérémonie en général, qui a arboré un style plus que télégraphique: Début. Stop. Applaudissements. Stop. Fin. Stop. On passe à un autre appel!

La culture semble intéresser nos élus à peu près autant que je m'intéresse à mes impôts ou à planifier une visite chez le dentiste ou bien à porter des bottes d'hiver un 16 avril - c'est-à-dire à reculons, parce que j'y suis bêtement obligée. Même son de cloche chez nos politiciens: la culture est un mal inévitable, une sorte de force obscure qu'ils saisissent mal et rejettent du revers de la main. Allez, ouste, petite poussière insignifiante!

Ainsi, à titre de riposte, Yann Martel a eu l'idée de faire parvenir un livre toutes les deux semaines au premier ministre canadien, qui a sans doute grand besoin d'entrecouper ses horaires surchargés d'un m
oment de détente culturelle.

Je m'étais déjà imaginée, au cours d'un rêve éveillé, que je pourrais peut-être envoyer à Harper des billets d'entrée au musée ou encore un de mes grands nus au fusain et au pastel (ç'aurait été chouette dans son salon), histoire de réveiller en lui une fibre artistique trop bien ensevelie. Martel m'a devancée! :-D

En terminant, un court billet (bah, certainement pas aussi succinct et concis que le discours de la prétendue ministre canadienne de la culture) amoureusement rédigé par mes doigts agiles, à l'attention de cet être plein d'espoir pour le Canada (hu hu hu! Désolée, il m'arrive de délirer dangereusement quand j'ingurgite trop de sucre en fin de soirée) qu'est notre grand copain à tous, et j'ai nommé: Stephen Harper.

Cher Premier ministre du Canada,

Il n'y a pas que l'armée qui compte! Un peuple sans arts est un peuple mort. Bon, trépasser au combat est une fin drôlement plus sanguinaire, j'en conviens. En ce qui me concerne, je préfèrerais tout de même une mort plus littéraire. :-p

*Le site What is Stephen Harper reading de Yann Martel vaut un petit détour.*

8 commentaires:

Emmanuel a dit...

Message à moi-même: il faut que je fasse la lecture du livre Histoire de Pi !!

Emilie a dit...

(Moi aussi!)

Édouard a dit...

Vous imaginez la liste des livres qu'on pourrait lui faire parvenir ? Le livre noir du Canada-Anglais; Les nègres blancs d'Amérique; Speak White; Maria Chapdelaine, Bonheur d'occasion... Des heures de plaisir en perpective.

Emilie a dit...

Et en version originale!

Bev Oda en aurait grandement besoin, elle aussi...

Mik électrique a dit...

C'est sûr qu'un politicien de droite comme Harper ne doit pas connaître ni musée (si se n'est que du nouveau musée de la guerre à Ottawa)ni lecture intelligente ... il ne s'agit pas la d'un cas isolé à une seule personne. Si le premier ministre ni porte pas attention c'est que le peuple ni porte pas attention. Outre mes amis proche, je n'entend que très rarement qui que se soit parler d'une pièce de théatre ou d'un livre récemment vu ou bien lu ... c'est déplorable à la grandeur du pays.

Emilie a dit...

Mik, la culture semble souvent un aspect de moindre importance, autant chez les dirigeants que chez Monsieur-Madame-tout-le-monde. C'est dommage. On a tant à apprendre, pourtant!

Je suis toujours profondément insultée lorsqu'on me dit que je me dirige vers un domaine qui n'est pas important. Je sais qu'au Québec comme au Canada, travailler dans le domaine de la culture n'est pas forcément très payant, et pas toujours gratifiant du point de vue d'autrui, mais tant pis. J'ai décidé de vivre de mes passions.

Parler pour parler a dit...

Vivre ses passions, je vous encourage. Concernant le maigre salaire des artisans, c'est trop vrai. En comparaison aux fonctionnaires, c'est une vrai honte!

Bon j'ai écris un post sur le sujet : Quelques chiffre d'un Québécois moyen. La distance de salaire entre un fonctionnaire et un atiste est immense. De quoi donné l'idée de privatiser la fonction publique et mettre les artistes salariés à l'État...

Emilie a dit...

Merci d'avoir laissé un commentaire, je vais de ce pas lire votre billet!