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samedi, avril 14, 2007

Veni vidi vici

C'était hier soir.

Ne sachant pas trop à quoi m'attendre après toutes ces années, je pensais m'emmerder. J'avais prévu y être une heure ou deux tout au plus.

Au final, j'ai passé une agréable soirée, et lorsque je suis repartie, il était près d'une heure du matin. Les organisatrices ont pratiquement dû déloger les festoyeurs indomptables (encore nombreux à cette heure tardive) à grands coups de pied au derrière.

Après avoir longtemps tergiversé, j'ai décidé d'aller faire un acte de présence à la soirée retrouvailles. J'avais envie de renouer avec d'anciennes amie
s. Connaître un peu l'histoire de chacun. Être là, tout simplement.

Avec surprise, j'ai constaté que beaucoup se souvenaient de mon prénom, même ceux et celles que j'ai peu côtoyés à l'époque, même les fêtards en état d'ébriété assez avancé (ce qui m'a d'ailleurs valu un verre de vin gratuit et une conversation incongrue sur les bienfaits de soustraire en douce le rouleau de tickets pour des consommations gratuites, discussion qui s'est finalement terminée par j'ai toujours trouvé que tu avais de beaux yeux, mais là je dois vraiment aller pisser.)

La plupart des profs présents ont eu du mal à me replacer. Normal, j'étais beaucoup trop tranquille, et toujours assise au fin fond de la classe, à ne dire mot et à tout gober bien gentiment. Je me démarquais surtout en langues, ainsi, seuls les professeurs de français (la très colorée madame B.) et d'espagnol (l'inénarrable monsieur M.) m'ont reconnue. [Parenthèse] Attendu que le prof de sciences physiques n'allait pas me replacer. D'autant plus que durant ses cours, je grignotais des carottes habilement dissimulées dans la poche de mon mââââgnifique cardigan rouge au lieu d'effectuer des expériences auxquelles je ne comprenais que dalle - et mon brûleur était mystérieusement toujours hors d'usage de toutes façons. [Fin de la parenthèse] Madame M., qui a été mon guide, mon mentor (une véritable coach, en fait! Carbo, c'est de la petite bière à côté d'elle!) lors de nombreux concours d'écriture auxquels j'ai participé en secondaire trois, s'est adressée à moi usant de la même attitude empreinte d'effusions expressives qu'il y a dix ans. Émilie! Tu n'as pas changé. Tu as le même visage qu'à tes 17 ans, tu as encore l'air
toute jeune.

Merci, madame B. Je vous aime profondément et je vous signe un chèque immédiatement. :-DDD

Coup de vieux. Deux tiers de mes anciennes compagnes de classe sont mamans ou le seront prochainement. Les machos finis se sont finalement casés et vivent en banlieue. Quelques irréductibles students for ever (euhhhhhh... dont je fais partie) terminent une maîtrise ou se dirigent vers le doctorat. Certains n'ont pas du tout changé de voie, d'autres ont totalement bifurqué vers des avenues différentes, certains ont plutôt laissé le hasard les porter au gré des flots - calmes ou tumultueux selon le cas.

Le bâtiment a, lui aussi, pris un sérieux coup de vieux. Délabrement lamentable des murs et de quelques locaux. Navrant. :-/

Je me suis également rendue compte que deux collègues d'antan vivent à quelques pas de chez moi. Nous avons échangés nos coordonnées afin de se rencontrer éventuellement.

Potinage. Souvenirs. Bons et moins bons coups. Aveux. Fous rires.

Et j'ai réussi à faire baver d'anciens béguins qui me trouvaient trop moche à l'époque. Parfois, la vengeance est douce. ;-)

Un record Guiness en vue. Nous étions la cinquième cohorte de finissants. Et, contre toutes attentes, presque tous les étudiants ont surgi de l'ombre et ont manifesté leur intérêt à être de la partie. Tout un exploit: plus d'une centaine d'étudiants (sur cent quelques finissants en 1997) étaient présents, ce qui fait apparemment de cette soirée retrouvailles la plus réussie en 5 ans. C'est qui les meilleurs? Hein, c'est qui? :-p

À moins que ce soit l'alcool pas cher qui ait attiré tout ce monde. Hum.

***

Errrr. Quelle horreur. Euh. Non, vous n'avez pas la berlue.


C'est moi.

En toge en secondaire cinq et sur la minuscule vignette, en uniforme à 12 ans. Le cheveu indiscipliné déjà à cet âge. Pffff... voilà, j'y étais donc prédestinée. Fichu destin capillaire. :-DDDDD





9 commentaires:

ZkM a dit...

arf ! on a pas ce genre de soirée en France, en tous cas pas que je sache ! j'aimerai dans quelque année revoir tous le monde, la c'est trop proche peut être (3 ans seulement après...), bref bonne continuation :)

Emilie a dit...

C'est un peu surréel de revoir tout ce monde d'un coup!!

Jean-Baptiste a dit...

j'ai bien aimé : "tu as de beau yeux bleux, je vais pisser"

je vois trop la situation ! vive les réunions d'anciens ! (perso j'ai pas encore fait )

Emilie a dit...

Je ne crois pas que le type en question se rappelle de tout ce qu'il a dit et fait hier soir... il était vraiment, vraiment ivre. :-D

Jean-Baptiste a dit...

lol, je comprends ! je pense que je ne sortirais que des trucs comme ça étant ivre !

Emilie a dit...

Oui... euh, bon, je ne donne pas ma place non plus! ;-)

Louis a dit...

Très touchant comme texte! C'est souvent l'occasion des bilants, dix ans plus tard..

KRiSS a dit...

C'est vrai qu'en France, nous n'avons pas cette coutume et c'est bien dommage!

Je jouerais bien aussi au retour du vilain ptit canard qui tournent toutes les têtes 10 ans après ;)

Emilie a dit...

Louis: Oui, tu as raison... Un bilan nécessaire!

Kriss: Ce fut le cas de quelques autres demoiselles vendredi soir, qui contrairement aux gars, ont vieilli en beauté! ;-)