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vendredi, mai 25, 2007

Vide, vide, comme ma vie est vide...

J'ai terminé hier la lecture du roman Le Vide, de Patrick Sénécal.

Au début, le style plutôt quelconque m'a passablement agacé. Je ne me suis pas sentie interpellée avant d'avoir lu plusieurs pages. Puis, j'ai réussi à faire abstraction de cette forme d'écriture crue et pourtant dépourvue d'une réelle singularité. Du prêt-à-lire, finalement. De plus, ces va-et-vient incessants entre les personnages, d'un chapitre à l'autre, m'ont donné le tournis. J'ai tout de même été peu à peu prise au piège. La trame, sous le signe de l'enquête policière, m'a tenue en haleine un sacré bout de temps!


La thématique tourne inévitablement autour du vide, d'où le titre (perspicace, n'est-ce pas! hé hé). Le vide de la vie, cet atroce trou béant qui vient carier la réalité de monsieur-madame-tout-le-monde. Et c'est bien connu, le monde est plein de caries! :-D

En fait, l'un des points qui m'a plu, c'est la critique acerbe que fait Sénécal de la téléréalité, phénomène que j'exècre au plus haut point. L'insignifiance crasse de ces émissions qui gagnent pourtant en popularité. Berk. C'est à en donner la nausée.

En outre, le mal de vivre des personnages pourrait provoquer une certaine tension chez le lecteur. La lecture de ce roman n'est pas un divertissement des plus joyeux, si je peux dire. Elle pousse au contraire à se questionner. Sur la futilité d'une quête des plaisirs - bien vaine quête. Sur le vice humain qui se perpétue depuis la nuit des temps. Sur la noirceur de certains êtres qui atteignent le fond du fond du fond sans pouvoir remonter. Sur la superficialité. Sur l'ennui du commun des mortels, qui le pousse à se rabattre sur des frivolités insignifiantes (par exemple visionner cette pourriture de reality shows qui envahissent nos écrans comme une plaie contagieuse). Sur nos propres squelettes mal dissimulés au fin fond du placard.

En résumé, il s'agit d'un roman plus qu'acceptable, dont l'intrigue s'avère relativement accrocheuse. Cependant, nous nous trouvons loin du thriller du siècle. La finale abracadabrante m'a fait décroché. Trop énorme pour y croire. En outre, cette brique comporte trop de longueurs. La lecture en devient par moments essoufflante.

Par contre, ce type de bouquin se lit bien en vacances. À insérer dans une des poches de votre valise, donc.

13 commentaires:

Le monde de Mini a dit...

J'avoue qu'au tout début je me sentais dérouté par les chapitres qui ne se suivaient pas. Aller du passé au présent me mélangeait, mais on finit par s'y habituer.

Ce roman a vraiment des longueurs qu'on aurait très bien pu raccourcir ou même, au préalable, supprimer.

Par contre, j'ai aimé, comment il a décrit le vide intérieur que les gens peuvent ressentir au fond d'eux-mêmes. Ils essaient de trouver n'importe quoi pour donner un sens à leur vie terne. Bref, côté psychologie de ce livre, c'est très bon!

Je lui attribue un : 8/10 :)

Une femme libre a dit...

Bon, merci, je ne le lirai pas, même en vacances, surtout en vacances en fait. Il y a tant d'oeuvres admirables, de chef-d'oeuvres que je n'ai pas lus encore ,pourquoi se contenter d'un roman passable même s'il a quelques qualités?

Emilie a dit...

Mini: Oui, le côté psychologique est plutôt bien développé dans ce roman. J'ai apprécié le caractère philosophique derrière la quête de sens des personnages.

C'était la toute première fois que je lisais Sénécal, je ne sais pas s'il a le même type de plume pour tous ses écrits.... car c'est plutôt à ce niveau que je décroche.

Une femme libre: En fait de roman policier, on peut trouver mieux. L'intrigue est intéressante, mais le style n'a rien d'impressionnant.

Accent Grave a dit...

Merci beaucoup pour cette analyse. C'est un cadeau que vous nous offrez. Je vous félicite pour la qualité et la précisions de vos propos.

Votre critique est si bien conçue qu'elle permet au lecteur de se situer là-dedans, de déterminer lui-même s'il aimerait ou non cette lecture.

Chapeau!

J'avais prévu lire ce roman, surtout à cause de l'auteur qui a osé dire publiquement ce que tant de gens souhaitaient entendre depuis longtemps. Ce gars là est arrivé à point.

En ce qui concerne son talent d'écrivain, je n'étais pas certain...

Accent Grave

Emilie a dit...

Accent grave: Je vous remercie.

Je suis d'accord sur ce point, Sénécal a su dire tout haut ce que bien des gens pensaient tout bas.

Je suis un peu étonnée de l'accueil si favorable du public face à ce roman qui somme toute, n'a rien d'extraordinaire. Très correct, mais de là à s'extasier...

J'ai hâte que ma soeur en ait terminé la lecture. Elle a lu d'autres ouvrages de Sénécal et je voulais qu'elle me donne son avis. Peut-être que mon opinion est un peu biaisée, je ne sais pas...

Renart L'éveillé a dit...

Salut!

Bonne critique! Je suis d'accord même si j'ai beaucoup plus aimé lire ce livre que toi et que j'ai beaucoup accroché au suspense. Peut-être que j'ai été impressionné parce que je ne lis jamais ce genre de littérature... donc, que je ne peux pas vraiment le comparer à autre chose.

Pour ceux que ça intéresse, j'ai publié une critique de ce livre sur mon blogue :

http://renartleveille.blogspot.com/2007/05/le-vide-de-patrick-sncal.html

Le monde de Mini a dit...

En fait, non, il n'a pas le même type de plume dans ses autres écrits. Les autres sont plus du style Stephen King version québécoise lol. :)

Un de mes préférés de lui c'est Aliss. On aurait dit qu'il a prit le récit Alice Aux Pays Des Merveilles, mais y l'a transformer à sa maniere (horreur,ca se passe à Montréal, mais certains personnages ressemble drolement à Alice Aux Pays Des Merveilles). C'est pas un livre que je conseille au plus jeune, parce qu'il y a un côté assez...porno!o_O Bref, c'est très bien raconter.

Le livre que j'aime le moins de Patrick Senécal c'est Le Passager. Ordinaire, prévisible et court comme roman.

Emilie a dit...

Merci Renart L'éveillé. J'avais lu ta critique!

Mini: Je vais tenter d'emprunter Aliss!

Patrick Dion a dit...

En effet, Sénécal n'est pas Baudelaire et il n'y a aucun style dans son écriture. Par contre, c'est un excellent "faiseur d'histoire" et on se laisse facilement transporter par celle-ci. J'appréhendais un peu la fin, espérant que ça ne soit pas trop caramel-sucré-rose-nanane. J'aurais vraiment été déçu. Finalement, j'étais heureux que tout se termine relativement mal. Sauf pour la dernière page que j'aurais personnellement fait sauter. Parce que la vie n'est jamais bien "timée" comme ça...

Patrick Dion a dit...

Ah oui, si tu n'as pas lu Aliss de Sénécal, c'est lui que je te suggère. Celui-là est sacrément bien tourné.

Emilie a dit...

Patrick: Pour l'histoire, oui, tu as raison. On se laisse prendre par l'intrigue...

iamwormbuffet a dit...

J'adore le fait que les chapitres ne se suivent pas :)

Zéro longueur pour moi, je l'ai dévoré en une journée.

Mais les réflexions qu'il soulève sont assez dépressives, surtout pour quelqu'un, comme moi tiens, qui se questionne constamment sur notre (ma) raison de vivre.

Le vide, on l'a en nous tous tant qu'à moi, certains réussissent à le maquiller, d'autres pas, je dirais même que ceux qui n'arrivent pas à le maquiller sont dans la colonne suicidé ou suicidaire ou dépressif.

Triste mais vrai.

Brillante critique de la téléréalité aussi, absolument brillante!

Emilie a dit...

J'ai l'impression que chacun de nous a, un jour, vécu cette sensation de vide. On ne peut pas y échapper, je crois...